Amitié et pêche au Maroc

Amitié et pêche au Maroc

Premier jour, arrivée après 42 heures!

J’ai laissé ma petite famille pour un court séjour au Maroc, dont je me réjouissais depuis deux mois. Revoir mon ami Ahmed Mahi, par qui tout à commencé, et repêcher sur le lac de Massira. Je préparais ça aux petits soins. Mes leurres, ma canne chérie (celle dont mon épouse est jalouse, qu’elle appelle ma deuxième femme). Et une bonne dose d’anticipation !

Un vol sans histoire?

Je prends mon bus le mercredi pour Paris, direction Roissy CDG. Je passe la nuit à l’aéroport, car mon vol est très tôt le matin. Pendant la queue avant de monter dans l’avion, je remarque mon tube de transport dans un chariot avec d’autres bagages hors-format, et je plaisante avec un steward en lui signalant que mon bagage n’est pas encore dans l’avion. Il me rassure : les gars en bas savent ce qu’ils font, mon bagage va partir. Décollage, repas, un petit film sur mon téléphone dans l’avion, et on se pose sans encombre à Casablanca.

Mais là, misère : mon tube à canne n’est pas arrivé. Il contient non seulement ma canne, mon moulinet, mais aussi les fils, leurres, et… ma trousse de toilette ainsi que ma trousse de secours… Bref, je n’ai sur le dos que mon sac de voyage avec des vêtements.

Je patienterai deux heures, le temps de régler tous les détails, et alors que nous devions partir directement au lac, nous attendons chez Ahmed. En effet, les bagages pourraient arriver par le ou les vols suivants. Mais il n’en sera rien : un dernier coup de fil à la compagnie douche mes derniers espoirs. Le tube n’arrivera pas avant le lendemain.

Départ de nuit

N’écoutant que notre envie de pêcher, nous décidons de partir tout de même vers 21:00 le même jour . Nous avons récupéré une canne complémentaire et quelques leurres pour pallier ceux qui me manquent. On arrivera au lac vers 23:00. Ça fait 42 heures que je suis debout quand je me couche enfin. On a convenu de se lever à 07:30 le lendemain.

arrival

Un soleil splendide illumine la région. Le lever de soleil sur le lac de Massira est un enchantement toujours renouvellé. Nous dormons dans un gîte un peu sommaire, mais très agréable. Rachid, notre hôte, sera aussi notre guide et notre pilote sur le lac. Il arrive à l’heure dite avec le petit déjeuner classique au Maroc : Du pain fait maison au four, avec de l’huile d’olive locale. Et l’inévitable thé à l’absinthe (Shiba), que nous n’évitons pas. Je préfère le thé à l’absinthe au thé à la menthe en hiver, il nous garde au chaud plus longtemps.

panorama-tete-tom

Une fois le petit déjeuner avalé, nous taillons la route. Le plan est simple : on pêche aux leurres la zone proche du gîte, on se repose vers midi avec le repas, petite sieste, et on y retourne.

On est dans le gras!

Comme je n’ai pas mon petit bijou de canne (une voodoo de chez palms, pour ne pas la citer), j’utilise le matériel d’Ahmed. Je commence en casting , alors que ça fait un an et demi que je n’ai pas lancé ainsi. Avec un leurre en lipless, pour prospecter la zone. Aux quatrième lancer, un arrêt lourd sur la ligne est sanctionné par un ferrage doux. Un petit bass de trente centimètres me réjouit le cœur. Ça faisait si longtemps!

first-bass

Ahmed se précipite sur le téléphone et l’immortalise. Je suis pressé de remettre la ligne à l’eau, et quelques lancers plus tard, un second bass de la même taille se suspend au même leurre.

Ahmed, qui teste les powertails pour la marque FIIISH (il est l’unique pêcheur sponsorisé au Maroc…) prends alors son premier bass de la journée, au même moment ! Un doublé !

double-bass

On est aux anges, la journée vient à peine de démarrer, et on a déjà quelques bass au bateau. On est sûr qu’on va trouver un gros dans le coin.

On continue, on s’acharne, et puis, enfin! Mon ami prend une jolie claque, ferrage, et PENDU ! Mais la défense est curieuse :  lourde, puissante, mais le poisson ne monte pas, ne saute pas… Ahmed pense alors à une carpe, mais Rachid, incrédule, nous dit « Touloupia »… Et, en effet, c’est un tilapia de belle taille qui vient au bateau.

first-tilapia

Nous sommes surpris par sa défense ! En voyant la taille de sa bouche, petite par rapport au corps, je décide d’utiliser moi aussi un powertail.

Tant qu’à faire, un autre modèle, truite. Et là, je me rends compte qu’il faut connaître son matériel, parce que je maîtrise mal le ratio de son moulinet. Et si le powertail est efficace sans animation, il faut préciser qu’il doit être ramené régulièrement, mais à une certaine vitesse. Ni trop vite, ni trop doucement.

Alors, je vis une petite traversée du désert. Pas de touche, rien. Mais Ahmed enchaîne les tilapias. Un second, puis un troisième. Moi, rien. Je m’applique, mais rien. Je m’en fiche : je suis heureux rien que d’être sur le lac. Et mon pote s’éclate, c’est l’essentiel !

Après l’effort, le réconfort!

Alors, on décrète que c’est l’heure d’aller manger.

gite

Retour au gîte, la femme de Rachid nous a concocté un couscous au poulet, qui sans être fabuleux nous a puissamment requinqués ! Il était 14:00 à la fin du repas, nous siestons jusqu’à 16:00, et retour au lac. Nous changeons de zone, et Ahmed lâche sa canne, et le leurre magique. Je lui demande si je peux l’utiliser… Bien sûr, il est d’accord : c’est un vrai pote ! Ce leurre a déjà pris 5 poissons dans la journée.

Et moi, je suis toujours en mode loser. Le guide me dit de changer de leurre, que celui-là ne fait plus rien. Je ne dis rien, bien décider à trouver « le truc » avec ce matériel que je maîtrise mal. Et juste après qu’il m’a dit de changer , une tape sèche et ferme stoppe mon leurre à la descente. Un petit ferrage, et… PENDU ! Enfin ! Je pense à un beau bass, c’est lourd. Mais Rachid lance son désormais célèbre « Touloupia », qui se vérifie à chaque fois.

first-tilapia-tom

Et j’ai mon premier tilapia. C’est au tour d’Ahmed de manquer un ou deux poissons. Et moi, je remonte au score. Un second, puis un troisième. Nous nous arrêtons alors sur une langue de terre pour un peu de pêche du bord, aux leurres de surface. Mais carreau, nada ! Il est temps de rentrer, le soleil se couche tôt. Sur une impulsion subite, Ahmed lance son leurre dans un endroit peu profond, et tape deux ou trois baby-bass qui se décrochent aussitôt. J’en décrocherai un aussi. Et retour dans nos pénates !

Rachid n’a jamais vu ça, six tilapias au bateau. Il est tout content ! Le leurre du jour était un peu usé, le même en neuf n’a rien fait. Ce leurre aura mis au sec huit poissons dans la journée. C’est loin d’être nul !

Rachid assure!

Avant de parler du repas du soir (tajine de poulet et tilapia au four) je dois parler ici de la performance de Rachid sur le bateau. Ce type est un vrai échosondeur, il connaît le lac comme sa poche. Il rame en silence, et semble anticiper nos gestes. Un seul regard si on a un doute, et il nous indique la direction où lancer. Et un leurre croché au fond est récupéré avec maestria et avec un bout de filet lesté d’un caillou… Il me semble bien qu’on en a perdu aucun en deux jours !

Donc, repas du soir, délicieux. En ce qui me concerne, le tilapia n’est pas, et de loin, mon poisson préféré. Mais là, il est absolument divin. Et la Charmoula (marinade locale un peu épicée) qui l’accompagne est géniale. Le tajine est somptueux, et on rote amplement avant d’aller se coucher. On décide de se lever encore plus tôt le lendemain, pour bien en profiter. 05:30 au réveil, 06:30 sur le lac. Et on mangera un sandwich, pour rester sur l’eau le plus possible.

Dans la nuit, nous aurons des rêves de pêche miraculeuse et de poissons énormes.

Deuxième jour! En mode guerriers!

Les réveils sonnent bien à 05:30, mais Rachid n’arrive qu’à 06:30… En fait, il s’est bien levé à l’heure, mais le temps de faire cuire le pain (oui, oui, nous avons eu du pain cuit du jour tous les matins!), il était en retard. Ce n’est pas grave, de toute façon on doit manger : on est affamés.

Retour sur le lac, on en veut encore plus!

Une fois le petit déjeuner englouti, direction le lac, bien décidés à toucher un gros bass. Rachid nous emmène sur un spot où il nous dit « Si il n’y a pas un gros là aujourd’hui, ça sera dur d’en faire un ailleurs ».

C’est une espèce d’anse toute empierrée. Et des têtes d’arbustes immergés sortent de l’eau. Un vrai petit paradis pour un bass en maraude. On lance sur le spot, moi au powertail, Ahmed a changé pour un leurre de surface, car le lac est un vrai miroir. On pêche trois bons quarts d’heure sans rien. On fini l’anse, et on arrive dans le cul de sac du fond. Là, un lancer au ras de la rive de ma part, et je laisse VRAIMENT couler mon leurre. Je ne vois pas le fond, donc il doit y avoir 6-7 mètres sous le bateau.

Et là, je prends LA cartouche ! La canne plie brutalement, je ferre d’instinct, et j’annonce « PENDU » !

big-tilapia-001

Je mouline, c’est lourd, mais mon ferrage a dû l’assommer, parce qu’il vient très vite au bateau ! Un peu déçu, je reprends le sourire quand je vois sa taille ! Il est superbe, ses couleurs sont magnifiques, et j’ai encore ouvert le bal !

On voit que sur toute la berge, on ne touche rien d’autre, alors, on passe à une autre stratégie : on va chercher les sandres. On arrive sur le spot, marqué par un tas de bouteilles plastiques liées entre elle : c’est un repère qui défini une zone pour les poseurs de filets. Il faut savoir que la population riveraine vit de la pêche au filet, et qu’ils se répartissent les secteurs un peu comme un champs serait borné. On s’accroche parfois dans les filets, mais eux ont de quoi manger…

Du sandre au Maroc? Mais oui, madame!

On passe aux LS, et c’est l’inévitable Black Minnow qui est utilisé. Mon premier lancer est touché par un sandrillon, qui m’emmène la moitié de la queue. Ahmed le recolle avec un briquet, et je relance. Le même sandrillon me remâchouille, et je n’arrive pas à le ferrer. Je lance plus loin, et je suis plus à mon aise, j’arrive mieux à animer le BM… Quelques lancers plus tard, je ferre dans le vide, mais cette fois, la touche était plus intéressante. Le lancer suivant, je suis super concentré, je repasse au même endroit, et à la touche, je rends un peu la main (le BM est souple et bien équilibré, alors, il y a peu de risques qu’il soit recraché), et j’envoie la sauce au ferrage.

PENDU ! Un petit sandre de 45-50 cm, mais maigrichon, arrive au bateau.

sandre-001

On décide d’aller tenter les sandres dans l’oued (le fleuve) derrière le lac. C’est à 30 minutes de piste, et le trajet est lunaire. Le paysage est super aride, couvert de cailloux pointus, et la piste est sérieuse. Mais Ahmed gère son DEFENDER de main de maître, et on arrive sans encombres au bord du fleuve. Hélas, le barrage vient de vanner, l’eau court comme un torrent à truites. Quelques lancers font traverser le leurre à toute vitesse… Pas de zone de calme, rien à faire…

panorama-lac

Alors, on mange sur place. Rachid coupe les poivrons, oignons crus, et tomates, pour faire une salade marocaine, qu’on assaisonne avec l’huile des sardines en boîte. Et on mange ça comme ça, avec du pain ! Un vrai délice. On repart au gîte et on sieste une heure, malgré tout.

Puis on reprend le bateau, et on va sur le spot du premier jour. Mais rien à faire. On repart aux sandres, en espérant une activité avec le coucher de soleil. On aura chacun une touche, mais inferrable…

Retour à Casa, bien silencieux!

On rentrera, la tête pleine de paysages, et plus riches de tous ces bons moments passés ensemble, dans la fraternité qui nous a toujours animés. Il y a longtemps que je n’avais pas revu Ahmed, et même si nous n’avions pas beaucoup parlé ces dernières années, la passion est toujours intacte, et l’envie de faire avancer les choses est toujours là. Nous n’allons pas nous arrêter en si bon chemin !

Le lendemain, de retour à Casablanca, nous nous arrêtons à l’aéroport, où ma canne vient d’arriver. Je suis blême. Mais Ahmed me propose une petite partie de pêche dans une carrière proche. Je pourrais tester les leurres de WATAFISH, comme promis. Mais ceci est une autre histoire !

Alors, oui, définitivement,

FISHING IS PASSION, NOT FASHION!

Si ce report vous a plu, ou vous a intrigué, vous pouvez réagir en commentaires, ou me contacter directement!

About Admin Tom

Pêcheur français, j'adore partager les stratégies et les techniques de pêche. J'ai 39 ans, et je pêche depuis mes 2 ans...

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *